Xavier de Maistre (1763-1852). Trois lettres...

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Xavier de Maistre (1763-1852). Trois lettres...

Xavier de Maistre (1763-1852). Trois lettres autographes signées (monogramme X.M.), à la marquise Oudinot. 1836-1847.

1) Sans date [Naples, janvier 1836]. Quatre pages in-8°. « ... je puis vous féliciter sur l'avancement de vore excellent mari dont j'ai lu la promotion au grade de lt général dans les journeaux (...). Je pense que la bonne Valentine vous tient au fait des événements de notre famille, Natalie lui écrit souvent (...). A notre grand regret le mariage est venu après le Carême. Le prêtre russe qui devoit se trouver à Rome pour le 10 février, ce qui nous laissoit la possibilité de nous y rendre avant le Carême russe pour le mariage, a reardé son voyage, nous en avons reçu la nouvelle par le courrier passé ; les voitures étoient prêtes et l'accord fait avec Augrisani (voiturier célèbre), le paresseux de pope a tout dérangé (...). ». Il fait 5 degrés réaumur à Naples, et « on a trouvé une sentinelle gelée dans sa guérite. On nous écrit de Moscou que le froid a été pendant plusieurs jours à 35 degrés et personne n'y a gelé. Je vous écris au bruit de tous les canons de la ville, que l'on tire au moment de l'enterrement de notre belle et jeune Reine, morte à la suite de ses couches qu'on avait crues heureuses, elle était accouchée le 16 janvier et le 20 elle n'existait plus, on sait maintenant que ses couches ont été avancées par une chute qu'elle a faite à Capo di Monte sur la glace !! à Naples !! (...). L'enfant vit mais il est délicat. ».

2) Vienne, 17 mai [1839]. Quatre pages in-8°. « ... Nous avons amené de Russie deux aimables enfants, nous avons passé souvent du souvenir de nos malheurs à celui du vôtre. Vous savez que Natalie et son mari sont dans leur voiture... J'ai sous les yeux les quatre crochets qui servoient à suspendre le hamac du pauvre Arthur. J'ai souvent voulu les faire enlever sans avoir le courage d'en donner l'ordre, c'est un souvenir de teant de soins, de tant d'espérance si cruellement trompés. ». Il évoque ses malheurs et ceux de la marquise, et lui conseille d'aller en Italie et en Suisse pour rejoindre Valentine. Il espère recevoir une lettre d'elle à son arrivée à Saint Pétersbourg. Il dînera aujourd'hui chez l'ambassadeur de Russie, et est annoncé, avec Friesenhof, pour une soirée chez le prince Meternich.

3) Saint Pétersbourg, 12 novembre [1845-1847]. Il n'a plus de nouvelles de Valentine depuis bien longtemps, et s'inquiète de son opération aux yeux. Il est affligé de la résolution d'Alexandrine de La Ferronnays d'entrer en religion à la maison Rastisbonne, au lieu de s'occuper de sa belle-mère. « Je félicite votre fils d'être à la chasse et loin des livres de droit, je conçois combien il doit jouir de sa liberté, c'est un oiseau qui a brisé sa cage. J'ai éprouvé ce bonheur jadis et j'en connois tout le prix (...). Je profite de ma réclusion pour reprendre mes pinceaux, ma vue est toujours bonne mais le soleil me manque et je suis forcé d'attendre son retour ; il fait sombre à midi (...). Lorsqu'on m'apportera une lampe ma femme me faira la lecture du Juif errant dont elle m'a déjà lu deux volumes. Cet ouvrage est intéressant et vaut mieux que les Mistères de Paris du même auteur. ». Il y a une expostion de tableaux très remarquable, surtout pour le paysage, mais il n'y est pas allé et n'a pu voir le tableau de Vernet dont il entend dire beaucoup de bien.

PERSONNAGES :
• Xavier de Maistre (1763-1852), général de l'Armée russe (1813), épousa la princesse Sophie Zagriajska (tante de Natalia Gontcharova, femme d'Alexandre Pouchkine) dont il eut quatre enfants, dont deux moururent jeunes en Russie. Il partit pour l'Italie avec ses deux autres enfants, qui moururent aussi (Arthur mourut en 1837 à Castellamare di Stabia).

• Eulalie Minguet (1801-1866), femme de Victor Oudinot, marquis puis duc de Reggio (1791-1863).

• Gustave Vogel de Friesenhof (1807-1889), marié en 1836 avec Natalia Ivanovna Ivanova (1801-1850), que Xavier de Maistre considérait comme sa fille adoptive. Gustave se remariera (1852) avec Alexandrine Gontcharova, sœur de la femme d'Alexandre Pouchkine et nièce de la comtesse de Maistre.

• Alexandrine Alopaeus, née en 1808 à Saint Pétersbourg, filleule de l'empereur Alexandre 1er, épousa Albert de La Ferronnays (1812-1836). Elle mourut à Paris en 1848.

• Valentine de Forbin La Barben (1804-1886), femme du comte de Marcellus qui ramena en France la Vénus de Milo.


Граф Ксавье де Местр. Три письма, собственноручные и подписанные монограммой ХМ, маркизу Виктору Удино.1836-1847.
• [Неаполь, январь 1836]. Четыре страницы in-8°, орешковые чернила.
• Вена, 17 мая [1839]. Четыре страницы in-8°, орешковые чернила.
• Санкт-Петербург, 12 ноября [1845-47]. Четыре страницы in-8°, орешковые чернила.
Персонажи, о которых идет речь в письмах:
Ксавье де Местр (1763-1852), сардинский дворянин, с 1799 г. на русской службе, участник швейцарского похода А.В. Суворова и наполеоновских войн, генерал-майор русской армии (1813), художник, поэт и прозаик, был близок с семьей Пушкиных, родителей Поэта. В 1813 г. женился на фрейлине Императрицы Софье Ивановне Загряжской, тетке Наталии Николаевны Гончаровой.
Густаф Вогель де Фризенгоф (1807-1889), в первом браке был женат на Наталье Ивановне Ивановой (1801-1850), премной дочери Ксавье де Местра, во втором - на Александре Николаевне Гончаровой, сестре Натальи Николаевны Пушкиной-Ланской.
Елани Менге (1801-1866), супруга Виктора Удино, маркиза, затем герцога Реджио (1791-1863).
Александра Давидовна Алопеус (Санкт-Петербург, 1808-Париж, 1848), крестница Императора Александра I, замужем за Альбертом де ля Ферроне.
Валентина де Форбен Ла Барбен (1804-1886), супруга графа Марселюса, привезшего во Францию Венеру Милосскую.
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